Un partenariat immobilier entre Manchester City et la ville
Le club anglais de football Manchester City se retrouve au cœur de débats économiques suite aux retombées financières d'un accord passé entre ses propriétaires et les autorités locales. Le conseil municipal de Manchester a perçu un montant légèrement inférieur à 3 millions de livres sterling grâce à un dispositif de partage des super-profits issus de programmes immobiliers construits sur des terrains publics. Conclu en 2014, cet arrangement prévoyait que la ville touche des paiements si les bénéfices réalisés par le groupe Abu Dhabi United Group (ADUG) sur des projets situés près du stade dépassaient un seuil défini.
Contexte de la création de la société Manchester Life
En 2008, le club mancunien a été racheté pour 200 millions de livres par Sheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan, membre de la famille régnante d'Abou Dhabi. Par la suite, ADUG et la municipalité se sont associés au sein d'une structure nommée Manchester Life afin de développer des parcelles de terrain dans l'est de la ville. Alors que la mairie soutient que cette régénération urbaine a permis de bâtir environ 1 500 logements et de dynamiser des quartiers comme Ancoats, des experts universitaires soulignent un manque de transparence commerciale. Selon un rapport de l'Université de Sheffield, il est difficile d'évaluer précisément si la collectivité a obtenu la contrepartie financière la plus juste possible.
Un accord scruté en pleine période de tension pour le club
Ces liens financiers font l'objet d'un examen approfondi alors que le club fait face à des procédures menées par la Premier League. Le championnat anglais a récemment jugé le club coupable de 115 infractions financières, des accusations que la direction conteste vigoureusement et pour lesquelles un appel a été déposé. Bien que les porte-parole de la mairie affirment que chaque parcelle a été évaluée par des experts indépendants pour garantir le meilleur rendement au sortir de la crise financière de 2008, certains chercheurs rappellent que la hausse naturelle de la valeur des terrains à partir de 2013 aurait pu profiter davantage aux finances publiques.
Prochaine échéance et perspectives financières
La municipalité de Manchester a fait savoir qu'un nouveau versement lié à ces clauses de super-profits était attendu prochainement. Alors que le programme global de régénération se poursuit avec la construction de nouveaux logements et d'espaces commerciaux, les discussions autour de la transparence de ces partenariats publics et privés restent d'actualité pour les observateurs locaux.
Photo : Arne Müseler — BY-SA 3.0, via wikimedia